"Ici, elles s'introduisent dans la chaîne alimentaire, d'abord dans les algues. Puis les algues sont mangées par les petits poissons, les petits poissons par de plus gros poissons, les plus gros poissons par les phoques et les phoques par l'ours polaire", explique-t-il.
Trônant au sommet de la chaîne alimentaire, l'ours emmagasine les poisons dans sa graisse en prélude à son hibernation.
"Lorsque les femelles métabolisent la graisse pour allaiter, elles diffusent les toxiques dans leur organisme et leur lait, infectant les oursons au stade le plus vulnérable de leur existence", souligne Mme Kovacs.
Mais le danger le plus menaçant vient d'ailleurs: le recul de la banquise, largement imputable lui aussi aux activités humaines qui contribuent à réchauffer l'atmosphère, prive en effet les ours polaires de leur terrain de chasse de prédilection.
Selon les projections les plus généralement acceptées, la calotte glaciaire arctique aura complètement disparu (au moins en été) aux alentours de 2080.
Or, relève Mme Kovacs, entre 80 et 90% des ours blancs passent l'été sur la banquise à chasser le phoque, qui compte pour 95% de leur alimentation.
L'ursidé se nourrit généralement de bébés phoques lovés dans des cavités à l'intérieur de la glace, que le prédateur d'environ 300 kg brise en bondissant dessus.
"Il gobe les phoques comme des bonbons. L'amenuisement de la banquise rendra sa tache plus facile au départ", observe Mme Kovacs.
Mais, avec le temps, la raréfaction des terrains de chasse risque fort d'expédier le roi de la banquise dans la section des muséums consacrée aux espèces disparue.
LONGYEARBYEN (Norvège) (AFP), le 27-06-2004